Location courte durée à Paris : la réglementation en bref
Numéro d'enregistrement, limite des 120 nuits, changement d'usage : l'essentiel à connaître avant de louer à Paris.
Paris est l'une des villes les plus encadrées de France pour la location courte durée (Airbnb, Booking, Abritel…). Avant de louer votre logement à la nuitée, voici les obligations à connaître : elles diffèrent selon que le bien est votre résidence principale ou secondaire.
Le numéro d'enregistrement, obligatoire
Depuis 2017, tout logement loué en courte durée à Paris doit obtenir un numéro d'enregistrement à 13 chiffres via le téléservice de la Ville de Paris. Il est gratuit, s'obtient en quelques minutes et doit impérativement figurer sur chaque annonce. Une annonce sans numéro valide peut être retirée par la plateforme et exposer le propriétaire à une amende.
Résidence principale : la limite des 120 nuits par an
Si vous louez votre résidence principale, le logement que vous occupez au moins 8 mois par an, vous pouvez la proposer en courte durée dans la limite de 120 nuits par an. Au-delà, la location devient illégale sans changement d'usage. Les plateformes bloquent automatiquement les réservations des logements parisiens une fois ce plafond atteint.
Résidence secondaire : le changement d'usage
Pour un logement qui n'est pas votre résidence principale, la location courte durée récurrente nécessite une autorisation de changement d'usage délivrée par la Ville de Paris. À Paris, elle est soumise à une règle de compensation : transformer un logement en meublé touristique impose de « compenser » en reconvertissant une surface commerciale équivalente (voire davantage dans les arrondissements centraux) en habitation. C'est une démarche lourde et coûteuse, réservée aux investisseurs avertis.
Meublé de tourisme : classement et fiscalité
Un logement peut être classé « meublé de tourisme » (de 1 à 5 étoiles) par un organisme accrédité. Ce classement, facultatif, ouvre historiquement droit à un abattement plus favorable en régime micro-BIC. La fiscalité de la location meublée touristique a toutefois évolué récemment : vérifiez le régime en vigueur (voir notre guide sur la fiscalité du meublé de tourisme).
Taxe de séjour, copropriété et assurance
- Taxe de séjour : collectée par nuitée et reversée à la commune ; à Paris, Airbnb la collecte et la reverse automatiquement.
- Copropriété : vérifiez le règlement : une clause d'habitation bourgeoise exclusive peut interdire la location meublée touristique.
- Assurance : souscrivez une couverture adaptée à la courte durée, la responsabilité civile habitation classique ne suffit pas toujours.
Sanctions en cas de non-respect
Le non-respect de ces règles (dépassement des 120 nuits, absence de changement d'usage, numéro d'enregistrement manquant) expose à des amendes pouvant atteindre plusieurs dizaines de milliers d'euros par logement. La Ville de Paris contrôle activement les annonces et croise les données avec les plateformes.
Une réglementation qui se durcit
Le cadre évolue régulièrement : la loi de 2024 a renforcé les pouvoirs des communes et modifié la fiscalité des meublés de tourisme. Certaines villes abaissent le plafond de nuitées ou imposent le classement. Vérifiez toujours les règles à jour auprès de la Ville de Paris et, en cas de doute, faites-vous accompagner par un professionnel.
En pratique, une conciergerie sérieuse maîtrise ces obligations (enregistrement, plafond, taxe de séjour) et vous évite les mauvaises surprises. Assurez-vous qu'elle respecte scrupuleusement le cadre local avant de lui confier votre bien.
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